Actuellement, la taxonomie disparaît de nos laboratoires publics. « Les chercheurs de la nature vieillissent et partent à la retraite sans être remplacés, leurs labos ferment, les crédits manquent » (Pr Canardeau, Le Canard Enchaîné). Selon Patrick Cayré, directeur de département à l’Institut de Recherche et du Développement (IRD), « il n’y aurait plus en France qu’une quarantaine de systématiciens! ». Alors que 10 à 100 millions d’espèces inconnues disparaissent sans même être décrites, étudiées.
Fort d’une connaissance sur les mantes, et les insectes en général, de plus en plus conséquente, je cherche à maintenir l’envie de connaissances de l’homme vis-à-vis de son milieux naturel. De trop nombreuses espèces disparaissent chaque jour sans avoir été étudiées. Les générations futures ne pourront pas autant observer la diversité biologique que nous le pouvons, si la destruction des habitats, la déforestation, l’invasion de certaines plantes et la négligence de l’homme au quotidien continuent.
Ce sont les groupes les moins étudiés qui passent en premier « à la casserole ». Plus les déterminations sont difficiles, moins on s’y intéresse. La majorité du grand public porte de l’intérêt voir s’inquiète de la protection des éléphants, des tortues, des tigres, etc. C’est bien, mais peu sont ceux qui se préoccupent de la disparition d’insectes. L’histoire a fait qu’ils sont tous associés à des nuisibles et qu’il faut les détruire. Mais si les gens en ont peur c’est qu’ils ne les connaissent pas pour la plupart et qu’ils ne veulent pas savoir.
Aujourd’hui les consciences changent mais cela ne suffit pas. Les spécialistes des mantes se font de plus en plus rares. Ils ont été Saussure, Westwood, Giglio-Tos, Beier, Kaltenbach… Ils ne sont plus que quelques-uns aujourd’hui : Roy, Lombardo, Otte…
Les objectifs sont les suivants :
- Cartographier ces insectes dans les régions peu ou as explorées ;
- Aider à la protection de certains milieux fragiles et menacés, en particulier les forêts tropicales ;
- Mettre en évidence des espèces à protéger ;
- Déterminer des spécimens récoltés lors de missions d’échantillonnage réalisées par différents laboratoires de recherche publics ou privés, par des ONG, par des associations, des particuliers ;
- informatiser la systématique des Mantes et initier leur ‘barcoding’ ;
- Publier dans des revues scientifiques.
Un tel projet oblige la maîtrise de nombreux savoir-faire :
- Les pratiques d’échantillonnage, le travail sur le terrain ;
- Les outils de détermination, les collections, les référentiels, les ouvrages ;
- Les réseaux professionnels et amateurs ;
- La systématiques des mantes ;
- Le traitement et la gestion de données : statistiques, SIG, gestion de bases de données ;
- La pédagogie et le sens de la communication.
Des travaux sont en cours sur les genres Acromantis sp. et Humbertiella sp., et sur les mantes de Madagascar.
A ce sujet, une mission de 15 jours a été effectuée en janvier 2007 à Madagascar pour réaliser un inventaire des Mantodea dans le but de compléter les données concernant ce groupe d’insectes. La mission s’inscrivait dans le cadre du projet d’actualisation et de révision du numéro de Faune de Madagascar sur les Mantodea à venir.